Qui d'autre mieux que vous avait sa place au creux de mes mots et de mes envies subites. Personne d' autre n'aurait pu recevoir mes premières lignes en guise d'offrande sacrée. Personne avec suffisamment de distance pour savoir apprécier cette ronde de lettres qui s'enchaînent. En trois temps, à la gloire des nombres fétiches pour obsessionnelle avertie, j'ai choisi que vous méritiez l'or au podium des déclarations.
Mon doux, où êtes-vous à ce jour? Quelle brise légère caresse votre peau lorsque vous courrez derrière la victoire, de quel vent vos poumons profitent-ils si le défi vous guette ? Parlez-moi des vins que vous dégustez si vous ne vous enivrez pas de ma peau. Narrez-moi les aventures que vous vivez chaque jour, à défaut de prolongez l'histoire de notre secret. Mon Autre, plus important, quand reprendrez-vous la plume qui raconte nos regards furtifs?
Car voyez-vous, le temps me semble long ici sans vos gestes volés. Il me manque l'audace que vous m'aviez offerte et qu'adultère j'ai refusé. Celle-là même que vous avez repris, comme un voleur, un pilleur, un imposteur. Un détracteur. Un provocateur des maux du coeur. Je me languis de vos sous-entendus malicieux, de votre impertinence vis-à-vis de mon statut, de votre rage étourdissante. Personne d'autre que vous ne sait si bien déjouer les règles de l'éthique ni m'apprendre l'insolence pure.
Ici, comprenez bien que tout vous attends. Même si mes bras ne sont pas ouverts, ma couche pourrait vous être accueillante, soyez-en conscient. Il y a dans mon parfum et sur mes lèvres le paradoxe qui vous intrigue. Je sais de vous l'engouement que la difficulté stimule. L'amour est un jeu de pions que l'on caresse avec délicatesse puis qu'on éjecte violemment du plateau d'un coup de poignet. Je suis des mains les plus habiles.
Mon Adversaire, sublime Impertinent cher à mon coeur, de grâce, rejoignez-moi vite, je m'épuise à vous attendre. Les jeux sans vous sont sans importance.